Anno Domini millemo ccccmo lxiiijo (1464) in mense novembris fuit exactus pns liber, etc.
» Ce volume est entièrement écrit de la même main, et dans le caractère qu’on est convenu d’appeler bâtarde ancienne ou cursive gothique, sauf toutefois la première ligne de chaque division capitulaire, qui est en lettres de forme un peu altérées. L’écriture en est assez belle, grosse et peu chargée d’abréviations. Les initiales des chapitres sont des plus simples et des plus communes. Ce manuscrit ne contient ni miniatures ni ornements calligraphiques.
» C’est évidemment le produit du travail d’un copiste, car c’est un de ces recueils de pièces dissemblables dont la fantaisie du propriétaire peut seule expliquer la réunion inattendue. Les trois ouvrages qu’il contient ne présentent pas même l’ombre d’une analogie. Le premier est une Relation de la captivité et de la mort de Richard II, roi d’Angleterre… Le second renferme des Enseignements d’un père à son fils, ou, si l’on veut, une espèce de Castoiement, en prose dialoguée… Enfin, le troisième, et le seul qui doive nous occuper, est celui qui est connu par de nombreuses éditions, sous le titre de : Les Quinze Joyes de mariage, ou encore sous celui de : La Nasse, mais qui n’en porte aucun dans notre manuscrit. Il commence, d’une manière abrupte, au verso d’un feuillet, par ce préambule, le même quant au fond, mais tout autre dans la forme, que celui de l’édition de 1734, où il est qualifié de préface :
» Pluseurs ont travaillé à monstrer… »
» Ce manuscrit fait partie de ceux de la bibliothèque de Rouen, parmi lesquels il est coté Y. 15-13, dans le catalogue provisoire. Il provient de la bibliothèque des Capucins de la même ville, lesquels l’avaient reçu on ne sait à quelle époque, avec un grand nombre de manuscrits français, des capucins de Mortagne, qui les tenaient d’une demoiselle de la Barre, comme cela est consacré par cette note que portent tous les manuscrits de cette origine : Donné aux PP. capucins de Mortagne, en 1675, par madem. de la Barre, seur de Mons. Aboz. »
Le manuscrit ainsi décrit par M. Pottier contient, quoi qu’on en ait pu dire, le texte le plus complet et le plus correct des Quinze Joyes de mariage. On pourroit croire que c’est là le manuscrit original, si diverses circonstances, notamment un certain nombre de fautes, ne prouvoient que c’est l’œuvre d’un copiste qui ne comprenoit pas toujours ce qu’il écrivoit.
B. 1. Édition originale. Petit in-fol. gothique à 2 colonnes, de 50 feuillets, dont le premier et le dernier sont blancs, signatures A.-Fv.
Cette édition, selon M. Brunet, a dû être imprimée à Lyon, de 1480 à 1490. Elle contient un bon texte, qui se rapproche beaucoup de celui du manuscrit de Rouen. Malheureusement elle offre de nombreuses lacunes et quelques fautes d’impression. Elle ne porte point de titre, ni aucune mention de date ni de lieu d’impression.
2. Les XV joyes de mariage. In-4 gothique, de 46 ff. à longues lignes, sign. A.-F.
Reproduction de l’édition originale, avec ses lacunes et quelques fautes de plus, faite à la fin du quinzième siècle. Les initiales ont été laissées en blanc.