Quand la somme inscrite sur un livret atteint ou dépasse 1.500 fr., la Caisse d’Épargne — ordinaire ou postale — achète pour le compte du titulaire de ce livret, un titre de rente sur l’État. Si telle n’est point l’intention du déposant, celui-ci peut demander un remboursement partiel avant que ses économies atteignent 1.500 francs.
On sait que les ressources ordinaires de l’État sont fournies par les impôts, directs et indirects. Mais si, par suite d’un événement grave, l’État est obligé à des dépenses extraordinaires, il préfère, au lieu d’augmenter les impôts, contracter un emprunt, c’est-à-dire demander de l’argent à ceux qui veulent lui en prêter. De son côté, il s’engage, non à rembourser ce capital, mais à payer perpétuellement l’intérêt : c’est la rente perpétuelle. Alors chaque prêteur reçoit un titre de rente qui lui donne droit de toucher l’intérêt. L’État peut, dans certains cas, se réserver la faculté de rembourser ; c’est ainsi qu’en 1878, l’État français, lors d’un emprunt, a pris l’engagement de rembourser, par parties chaque année, c’est-à-dire d’amortir le montant de cet emprunt en 75 ans : c’est la rente amortissable. Il y a donc deux espèces de rentes françaises : le 3 % perpétuel et le 3 % amortissable.
Les rentes dues par l’État sont inscrites sur le Grand-Livre de la Dette publique.
Le titre de rente ne porte pas le montant de la somme prêtée, mais seulement la rente convenue. Il peut être acheté ou vendu. Son prix varie comme toute marchandise, mais il est évident que le chiffre de la rente est toujours le même. Ces ventes et ces achats se font à la Bourse, par l’intermédiaire d’un agent de change qui, seul, peut donner de l’authenticité au contrat de vente et d’achat des fonds publics et qui prélève un droit de commission ou de courtage de 0 fr. 125 pour 100 fr. de capital, soit 1 fr. 25 pour 1.000 fr. Il faut ajouter à cela l’impôt de l’État, soit 0 fr. 10 pour 1.000 fr. de capital ou fraction de 1.000 fr.
Le prix auquel se vend un titre de rente s’appelle le cours de cette rente. S’il est aujourd’hui de 89 fr. par exemple, il peut s’élever demain à 90 fr. et descendre le jour suivant à 88 fr. Quand le cours atteint 100 fr., on dit qu’il est au pair.
Le payement des rentes se fait au Trésor, à Paris et dans toutes les Caisses de l’État, sur la présentation, à chaque échéance, de petites bandes de papier que l’on détache du titre même et que l’on nomme coupons.
Les titres sont nominatifs ou au porteur, suivant qu’ils portent ou ne portent pas le nom du propriétaire de la rente. On appelle arrérages les termes échus et qui n’ont pas été touchés. Il y a prescription au bout de cinq ans pour les arrérages. Il faut toujours tenir un double des numéros de ses titres ; en cas de perte ou de vol, on doit donner sans retard ces numéros à son homme d’affaires.
Quand une Compagnie se fonde pour exécuter de grands travaux, comme les chemins de fer, par exemple, ou pour exploiter des mines, des forêts, etc., ou pour l’établissement d’une usine, ou pour faciliter le commerce, l’industrie ou l’agriculture comme la Banque de France, le Crédit foncier, etc., elle demande au public l’argent dont elle a besoin. Le capital nécessaire est partagé en un certain nombre de parts qu’on appelle actions. Celui qui achète une ou plusieurs de ces actions devient actionnaire. La Compagnie s’engage généralement à lui payer un intérêt fixe plus un dividende, c’est-à-dire une part dans les bénéfices, proportionnelle à sa mise de fonds. L’actionnaire supporte les pertes s’il s’en produit, mais pas au-delà du capital qu’il a souscrit. C’est donc à lui de ne prendre d’actions que dans les affaires qui offrent toutes les garanties possibles de sécurité.