Si vous êtes commerçant et qu’un inconnu vienne changer chez vous une pièce de monnaie, un louis, par exemple ; faites attention. Vous serez peut-être en présence du plus honnête homme du monde, mais il se pourra aussi que vous ayez affaire à un habile escroc qui saura attirer sur un autre sujet votre attention et profiter de votre distraction d’un instant pour reprendre à la fois et la monnaie que vous lui allongez et le louis qu’il aura gardé à vue et glissé dans sa main, vous laissant en l’esprit l’assurance intime que le louis a été rangé par vous tout d’abord. Dans neuf cas sur dix, ces habiles voleurs réussissent ce coup d’audace. Allez-y donc franchement et méthodiquement quand vous maniez de l’argent. Placez votre monnaie sur votre table ou comptoir et exigez que le louis reste là jusqu’au moment où se fait l’échange ; de cette façon, il n’y a ni équivoque ni doute. Vous comptez votre monnaie ; le monsieur la prend pendant que vous versez le louis dans votre tiroir. Si vous vous sentez incapable d’opérer ainsi, dites au monsieur inconnu que vous n’avez point de monnaie et que vous le regrettez. Souvent cet inconnu aura fait, au préalable, une acquisition quelconque de peu d’importance, pour ne point éveiller les soupçons ; refusez quand même la monnaie. Vous verrez bien, il vous paiera si c’est un escroc. En tout cas, il vaudrait mieux perdre quelques sous que de s’exposer à perdre vingt francs. Nous répétons qu’il faut éviter de voir dans toute personne qui voudrait faire l’échange d’un louis contre de la monnaie, un voleur de profession. Il est évident que l’homme le plus probe du monde peut se trouver sans aucune monnaie et avoir besoin, pour s’en procurer, d’entrer chez un commerçant. Il y a le tact et la manière.
Il est d’autres genres d’escroqueries, d’abus de confiance, etc., contre lesquels il faut se mettre en garde. Ils sont multiples. Il en est évidemment d’inédits : un peu de défiance et de sang-froid vous en préservera.
TABLE
| Chapitre | I. | — Le Travail | [5] |
| Chapitre | II. | — L’Alimentation | [21] |
| Chapitre | III. | — Les Économies | [29] |
| Chapitre | IV. | — L’Union fait la force | [57] |
| Chapitre | V. | — Meilleurs salaires et meilleurs traitements | [66] |
| Chapitre | VI. | — Derniers conseils | [77] |
Paris — imprimerie des Éditions Presse Française