Acide tartrique, 100 gr. ; feuilles de frêne, 100 gr. ; sucre blanc ou cassonade, 5 kilog. ; levure blanche en pain, 100 gr. ; chicorée, 125 gr. On fait bouillir pendant 20 minutes, l’acide tartrique dans 5 litres d’eau environ ; ensuite on laisse infuser ce liquide avec les feuilles de frêne et la chicorée pendant six heures. On passe le tout à travers un linge fin, et on le verse après dans un tonneau qui contient le sucre et la levure. On bonde et on laisse fermenter de 3 à 5 jours.

Dans les régions où la pomme à cidre est bonne et abondante, il n’en coûte pas plus cher, sans doute, de faire en hiver, sa boisson de toute l’année, chose que l’on ne pourra faire aussi économiquement dans les villes ou les villages, où l’on ne se procure cette pomme qu’avec les frais accessoires de transport.

Il est des parties de la France où la boisson la plus répandue est la bière. Dans ce cas, il est possible de se procurer à bon compte la bière de la dernière qualité. Mise en bouteilles, avec un morceau de sucre blanc dans chaque bouteille, elle donne une bonne et hygiénique boisson.

Nous citerons aussi le vin qui, dans les pays de production, n’est pas cher. Il convient bien à la santé. On n’en peut guère faire une boisson courante dans les ménages ouvriers pour les autres lieux, car le prix de revient est trop élevé.

Ce chapitre de l’alimentation nous conduit naturellement à parler de l’hygiène. C’est par une hygiène bien comprise qu’on entretient le corps en bon état de santé : chose très importante, considérée du point de vue qui nous occupe, puisque la bonne santé nous permet de nous livrer à notre besogne sans chômage, de nous passer des secours onéreux d’un médecin et d’un pharmacien.

En alimentation, il est capital que tout soit proprement préparé. Les ustensiles de cuisine devront être nettoyés avec le plus grand soin ; on ne souffrira pas une casserole dont l’émail aurait une tendance à éclater ; on n’usera que des aliments reconnus tout à fait sains ; les conserves pourront être employées, mais avec la plus grande circonspection, à cause des dangers fréquents qu’elles occasionnent. La viande sera poussée à un bon degré de cuisson. On mangera avec sobriété.

CHAPITRE III
Les Économies

Pour que les économies conduisent réellement à la fortune, il faut qu’elles soient constantes. Ne voit-on pas des ouvriers prendre la bonne résolution de diminuer leurs dépenses, de se priver de certains plaisirs pour s’amasser quelque argent, et s’arrêter en chemin parce que leurs économies ne grossissent pas à leur gré et qu’elles ne forment pas en six mois un capital suffisant pour leur permettre d’en vivre sans continuer le travail ? Ceux qui raisonnent et agissent ainsi seront toujours pauvres. Ce n’est que par l’accumulation sans arrêt des petites épargnes que l’on parvient à se faire un capital respectable. Économisez sur toutes choses ; tenez-y la main et ne vous lassez pas ; vous verrez, au bout d’un an seulement, quel miracle se sera opéré dans votre bourse.

Un sou épargné reste dans votre poche. A vous de le faire fructifier et d’y joindre d’autres épargnes. Mais surtout, pour quelque cause que ce soit, évitez d’y toucher pour le dépenser en vous promettant de le remplacer rapidement, car ce serait prendre la mauvaise habitude de ne point garder intact le fruit de vos économies. Ce système vous conduirait à la vilaine manie de mettre de côté une somme d’argent que vous vous réserveriez de reprendre à la première occasion pour la faire servir à quelque dépense. Que pour vous l’argent économisé soit un dépôt sacré sur lequel vous ne mettrez la main que pour l’utiliser à faire une opération fructueuse, soit à la Caisse d’épargne, soit en achat d’obligations de tout repos. Du reste, ne gardez point longtemps cet argent chez vous. Placez-le aussitôt que possible, afin de n’être point tenté de le dépenser. Vous serez vous-même très heureux de constater l’accroissement de votre petite fortune naissante ; vous éprouverez le désir et le besoin d’y apporter souvent quelque chose. Il y aura de l’entraînement. Le jour où l’occasion se présentera de faire une dépense qui ne sera pas tout à fait urgente, vous direz : « Et mon magot ; il faut y penser ». Vous conserverez votre argent, et votre capital sera gonflé d’autant.

Un homme qui s’aviserait de ne faire que des économies occasionnelles, n’arriverait jamais à un bon résultat. C’est chaque jour que la préoccupation d’épargner doit être présente à l’esprit.