[222] Papiers de famille de l’auteur.—Voici encore quelques-unes de ces pensées d’Eulalie: «Je ne connais point de remède au défaut de tact. C’est un vice de l’organisation du cœur. Si ce premier avertissement plus prompt que la pensée ne la devance pas, tout est dit.»—«Quel dommage qu’il y ait pour l’homme que son génie inspire des lendemains comme pour le vulgaire. Un aujourd’hui de plusieurs jours ferait naître des chefs-d’œuvre que sa vie ne produira jamais. L’âme et l’esprit ont leurs crises comme la nature. Tous les grands mouvements sont rares; leur fait est d’enfanter toujours quelque chose d’extraordinaire.»—«Enthousiasme, confiance, bonté exquise, délicatesse de cœur, vivacité de tout, beau idéal, fraîcheur de sentiments, tous fruits impossibles à conserver sur un arbre que les orages du monde ont battu et souvent renversé pour toujours.»—N’est-ce pas la pensée et presque la phrase de Sophie sur «la coupe enchantée que la main du temps renverse pour la femme au milieu de sa carrière»?
[223] On a vu, [plus haut], ce que pensait de lui Benjamin Constant.
[224] Auteuil, 21 brumaire an XIII. Bibliothèque de l’Institut.
[225] Mme O’Connor eut cinq garçons qu’elle allaita tous; les trois premiers moururent jeunes. Elle mourut subitement en 1859; son mari était mort le 26 avril 1852. Il fut inhumé dans le parc du Bignon.—Une lettre d’O’Connor à Parent-Réal, en juillet 1810 (collection Frédéric Masson), dans laquelle le général s’occupe des intérêts de Mme Lachèze, est écrite sur le papier des armées républicaines et orné du bonnet phrygien. Tout O’Connor est dans ce détail.—Je dois aux recherches si heureuses de M. le vicomte de Grouchy la communication de diverses pièces concernant les intérêts d’Elisa: 6 brumaire an VI (27 octobre 1797): Mme de Condorcet, agissant comme tutrice, demande à vendre des biens dans l’Aisne, près de Saint-Quentin, pour 25.000 francs.—12 thermidor an VI: Mme de Condorcet demande qu’on fixe le montant de l’éducation de sa fille. Le revenu net des terres situées dans l’Aisne, dans l’Orne et à Ribemont, déduction faite d’une rente de 3.800 francs, étant de 9.900 francs, la dépense de la mineure Condorcet est fixée à 4.000 francs.—28 mai 1803, nomination d’une tutrice (Mme de Condorcet) et d’un subrogé tuteur (Larroque, homme de lois); membres du conseil de famille: des Forges de Beaussé, messager d’État; Lachèze, juge au tribunal de cassation; Grouchy, général de division et Laromiguière.—26 juillet 1806 (Archives nationales, AA, 45, no 1349). Lettre de Mme de Condorcet, relativement à des biens dans l’Orne qui lui ont été repris et qui, d’après les intentions de l’Empereur, doivent être échangés contre d’autres domaines et non pas contre de l’argent.
[226] 23 janvier 1807.
[227] Le marquis de Grouchy était très âgé et lui-même gravement malade. Cabanis craignit de le fatiguer par sa présence; de là, son établissement à Rueil. M. de Grouchy, d’ailleurs, ne tarda pas à mourir; il s’éteignit, le 23 avril 1808, à 8 heures du matin, âgé de quatre-vingt-treize ans et demi.
[228] Dont quelques extraits ont été donnés, pour la première fois, par l’auteur dans le Salon de Mme Helvétius.
[229] Papiers de famille de l’auteur.
[230] Chateaubriand, dans les Mémoires d’outre-tombe, a cité un fragment d’une des belles pièces de Manzoni sur Napoléon: «Il éprouva tout: la gloire plus grande après le péril, la fuite et la victoire, la royauté et le triste exil, deux fois dans la poudre, deux fois sur l’autel. Il se nomma. Deux siècles, l’un contre l’autre armés, se tournèrent vers lui, comme attendant leur sort. Il fit silence et s’établit arbitre entre eux.»
[231] Ce fut une fille, Juliette-Claudine, du nom de Fauriel qui s’appelait Claude.