Mais saurons-nous bénéficier de ces enseignements de l’histoire ?
Ne faudra-t-il pas pouvoir nous défendre contre cette « féodalité financière » que des hommes bien informés déclarent être « le grand danger de l’avenir » ; en présence de cette « table rase, sur laquelle il n’est resté, disent-ils, qu’une puissance indiscutable, permanente : l’argent ».
Et n’avons-nous pas, d’un autre côté, à répondre à ces masses compactes d’ouvriers et de pauvres, qui s’unissent à travers le monde entier, pour revendiquer hautement leur part de jouissances et de richesses ?
Comment pourra-t-on parer avec sagesse et justice à ce double péril ? C’est le secret des temps.
Le problème à résoudre en tout cas, consiste, non pas à chercher, sous le nom de l’État, des répartiteurs et des maîtres, ni à toucher, en quoi que ce soit, aux droits de la propriété, mais à fixer les limites auxquelles il faut réduire la liberté civile et politique, qui doit survivre, comme principe dominant, à toutes les réformes.
Sans la liberté et l’appropriation absolue par le travail qui en est l’une des formes essentielles, il ne saurait y avoir, pour les peuples, ni justice, ni progrès social, et tout est ébranlé aujourd’hui par la discussion et par le doute.
Le mouvement violent qui entraîne le monde, laissera peut-être bien loin derrière lui, sur les chemins battus, quelques-uns des principes séculaires du droit et de l’économie sociale, mais il est, pensons-nous, des choses sacrées qui ne vieillissent pas et qui ne peuvent périr, sans lesquelles, d’après le témoignage permanent de l’histoire, la société humaine ne saurait ni avancer ni vivre.
C’est d’elles qu’il faudrait dire aujourd’hui, ce qu’on disait au Forum de Rome, à l’honneur de l’argent :
« … hæc recinunt juvenes dictata senesque. »
Les enfants récitent ces choses qu’on leur a enseignées, et les vieillards aussi, parce qu’elles seules peuvent vivifier les vertus publiques et privées nécessaires aux plus puissantes civilisations : elles s’appellent Dieu, la famille, la patrie.