[104] « Est in conviviis… et passim et tributim. » Quintus, De petit. consul., XI.

[105] « Ut pompæ plena sit, ut illustris, ut splendida, ut popularis, ut habeat summam speciem et dignitatem. » Eod., XIII.

Il subit, quant à lui, vaillamment, ces épreuves qui eussent été redoutables pour une caisse moins bien garnie que la sienne, et peut-être pour lui-même aussi, en d’autres moments. Il fit son devoir de magistrat avec facilité, sans doute, car il ne s’en alarma ni ne s’en plaignit nullement.

Il lui arrivait cependant bien souvent, de se montrer inquiet sur l’état de ses ressources. Il eut évidemment des crises financières aiguës à traverser parfois ; il en sortait, du reste, ordinairement à sa satisfaction.

Il y eut, en effet, des hauts et des bas incroyables dans cette fortune de prodigue impressionnable, littérateur ou artiste et, en tout cas, imprévoyant. Nous allons en juger par la suite.

Lors de son exil, dans les années agitées de sa carrière politique, en 596-58, il s’était vu ruiné du jour au lendemain. Sa correspondance devient alors vraiment attristante. On n’y trouve plus, pendant quelques mois, que des lamentations, des larmes, des remords de n’avoir pas été plus habile. Il s’attendrit sur tout et sur tous, sur sa fille particulièrement et aussi sur son fils, et même sur sa femme Terentia. Il se demande comment il pourra venir à leur aide, comment il fera lui-même pour vivre.

Son exil terminé, on le voit reprendre tout à coup et d’une manière étonnante, un nouvel et puissant essor, dans cette carrière quelque peu tourmentée, qui fut cependant heureuse, le plus souvent.

Dès son retour, en effet, il recommence à construire, il achète de nouvelles terres, de nouveaux objets d’art pour ses domaines, édifie des portiques, construit des terrasses et des bains dans ses villas ; il invite chez lui les plus grands personnages, Marius notamment[106]. C’est à cette époque qu’il fait circuler l’un de ses hôtes dont nous avons parlé, sur une litière à huit porteurs, accompagnée de cent hommes armés. En avril 698-56, il écrit à Quintus qu’il bâtit à trois endroits à la fois, et qu’il remet à neuf tout ce qui lui appartient, enfin qu’il vit plus largement que jamais[107].

[106] Voir, en ce sens, de nombreux détails dans les lettres des années 698, 699 et 700 à Quintus ou à Atticus. Il s’occupait aussi des villas de son frère absent ; on ne distingue pas toujours très bien desquelles il s’agit, dans ses lettres à Quintus. Ce qui en ressort, c’est qu’il y avait de très beaux immeubles dans la fortune des deux frères.

[107] Ad. Quint., II, 6, an. 698-56.