[117] Drumann, op. cit., §§ 107 et 108, donne des détails sur quelques affaires faites avec d’autres personnages. Nous nous bornons à signaler ici, que ce sont ou des prêts, ou des emprunts, ou des restitutions, qui n’offrent, pour nous, d’intérêt, que par leur importance. Il s’agit presque toujours de centaines de mille, ou bien de millions de sesterces. V. notamment Aul.-Gel., N. att., XII, 12. Cic., Ad fam., V, 6, 20 ; XII, 23. Ad Att., I, 13 ; VI, 1, 9 ; XI, 11, 13 ; XII, 13, 25 ; XIV, 16 ; XV, 20.
L’administration intérieure de sa maison pouvait-elle, du moins, tendre à diminuer l’effet de toutes ces fantaisies accumulées ? Bien au contraire. C’était, qu’on nous permette cette comparaison de circonstance, un nouveau tonneau des Danaïdes.
Sa femme Terentia, qui n’était pas toujours aimable pour lui, dirigea seule, pendant plus de trente ans, son ménage ; il lui reprochait de gaspiller son argent, d’en détourner pour elle de grosses sommes ; il l’accusa même, à plusieurs reprises, de l’avoir ruiné à son profit. Il finit, du reste, par divorcer, et Terentia, au dire de saint Jérôme, ainsi que d’autres historiens autorisés, fut chercher successivement trois époux, parmi les ennemis les plus irréconciliables de l’homme qui avait longtemps illustré sa vie[118].
[118] F. Antoine, loc. cit. : Terentia, p. 31.
En même temps, il était indignement volé aussi par ses intendants, et par celui même de sa femme, Philotimus, qu’il appelait l’admirable fripon, mirus φυράτης[119]. L’argent sortait de chez lui de tous les côtés à la fois.
[119] F. Antoine, loc. cit. : Tullia, p. 29.
Enfin, ses enfants ne furent guère, pour ce père infortuné, que des occasions de grosses dépenses et de tristesses. Sa fille Tullia, qu’il aimait tendrement, se maria trois fois, divorça deux, et fut complètement ruinée par son troisième mari, Dolabella, affreux débauché, qui l’avait épousée pour sa fortune, en escomptant les bénéfices du proconsulat de Cilicie. Elle fut obligée de le quitter étant enceinte. Elle mourut après être retombée à la charge de sa famille, âgée de trente ans à peine[120].
[120] Ad. attic., VIII, 1.
Ce fut encore bien pire de la part de Marcus son fils. Celui-ci, trouvant très insuffisants les 20,000 francs par an qu’on lui envoyait pour vivre à Athènes, encore tout jeune, fit de grosses dettes. « La seule renommée dont il se montra fier par la suite, fut d’être le plus grand buveur de son temps[121]. » Il paraît pourtant s’être relevé par ses succès militaires et sa mort courageuse.
[121] G. Boissier, loc. cit. Dion Cassius, liv. XLVI, 18 et suiv.