—Oh Mire, comme tu m'as fait mal!
—Vous n'allez pas commencer une scène? Je crois, ma parole, que vous pleurez. Vous me voyez confondue: je vous aurais bien cru le dernier homme capable d'une crise de nerfs. Comme on se trompe sur le compte des gens!»
L'homme tient ses tempes. Est-ce qu'il va éclater? Il marche, il ouvre la porte de son bureau; quand il a disparu, on l'entend sangloter. La porte se referme.
Mire reprend son éventail. Elle le balance et se regarde longuement dans la glace. Un domestique apporte une carte sui un plateau. «Faites entrer». Elle balance son éventail. Elle le ferme, se regarde dans la glace, puis rouvre son éventail. On introduit Anicet. Il est en complet veston.
«Nous n'avons pas encore dîné, cher ami, mais vous nous dérangez à peine. Voulez-vous partager notre repas? Non? vous avez déjà dîné.
—Je vous remercie. Je n'ai pas faim.
—Mon cher, tout le monde sait que vous êtes amoureux de moi, et l'amoureux qui ne mange pas, ne se porte plus. Je ne vais plus pouvoir vous afficher.
—Madame.
—Vous pouvez m'appeler Mirabelle, mon mari n'y voit aucun inconvénient. Par exemple ne me regardez pas comme ça, vous êtes vilain. Mais qu'ont donc les hommes ce soir?
—Mire.