L’escalade était patente ; le malfaiteur était venu du dehors.

Il y avait donc lieu d’écarter tout soupçon à l’endroit du personnel du cottage.

Restait cependant à envisager l’hypothèse de la complicité des gens de M. Ugo Chancer, au cas où l’homme à la chaussure fine mais usagée aurait été un domestique.

Et je me promis bien de ne pas perdre de vue ce valet de chambre parfumé à l’héliotrope qui ne me revenait que médiocrement.

Une porte sert indifféremment à entrer ou à sortir. Il en est de même d’une brèche ou d’un point quelconque d’une clôture propice à l’escalade.

L’assassin de M. Chancer s’était introduit dans la propriété par cet endroit du mur ; c’était aussi par là qu’il avait dû s’enfuir, son crime accompli.

Je sortis donc du parc et me trouvai sur la route.

Cette route était poudreuse, car je prie le lecteur de se souvenir qu’il n’avait pas plu depuis plusieurs semaines.

A l’endroit précis où mon homme avait dû sauter, j’espérais retrouver dans la poussière l’empreinte révélatrice, aussi fus-je vraiment désappointé quand, après avoir inspecté le sol, je ne découvris que des traces de chaussures indifférentes et jusqu’à la marque de grossiers sabots. Je reconnus même les clous triangulaires des brodequins de Mac Pherson et les foulées profondes des gros souliers américains de Bailey.

A la longue cependant, avec beaucoup de patience, je parvins à démêler dans cet enchevêtrement de pieds une ou deux empreintes, quoique assez mal dessinées, des bottines de mon assassin… mais ce fut tout.