Au premier étage, nous suivîmes une longue galerie dont les murs disparaissaient sous des panoplies d’armes malaises, hawaïennes et canaques.
Tout à coup, Slang s’arrêta devant une glace sans tain placée à hauteur d’homme.
Cette glace reposait de l’autre côté de la cloison sur une cheminée de grand style encombrée de bibelots et la vue plongeait dans une pièce meublée à l’imitation de celles du palais de Windsor.
— La chambre à coucher du patron, me dit mystérieusement mon guide…
— Et à quoi sert cette glace ?
— Nous l’appelons « l’observatoire ».
— Ah ! et pourquoi cela ?
— C’est toute une histoire, fellow… Figure-toi que chaque nuit nous sommes obligés, Betzy, le cuisinier et moi, de faire des rondes pour nous assurer que le patron repose tranquillement… Il paraît qu’il est atteint d’une maladie bizarre… et il faut le surveiller continuellement… Nous avons l’ordre, si nous nous apercevions qu’il dort du côté gauche, de le réveiller aussitôt et de lui faire respirer de l’éther…
— Mais comment le voyez-vous la nuit ?
Slang haussa les épaules.