Qu'un malaise me prît, qu'une faiblesse ou une crampe immobilisât mes muscles et c'était la catastrophe...

Mes oreilles tintaient, j'entendais un grand bruit de cloches et des papillons de feu dansaient devant mes yeux... Les veines de mon cou étaient gonflées à éclater et il me semblait que je ne pourrais plus tenir longtemps. Néanmoins, je pédalais toujours, machinalement pour ainsi dire, et je me demandais avec angoisse quand ce supplice allait prendre fin.

Pour qu'il cessât immédiatement, j'eusse donné mon diamant... que dis-je... vingt ans de ma vie.

Soudain, dans une des cellules retentit un cri sinistre, un de ces cris qui glacent d'effroi ceux qui les entendent... puis ce fut le silence...

Le Tread-Mill s'arrêta, il y eut, un instant, un bruit de pas précipités, de sourds gémissements, puis le calme se rétablit et le surveillant-chef lança de nouveau son lugubre avertissement:

Take care!... Forwards!...

Et la roue se remit à tourner.


J'apprenais, quelques instants après, par une conversation entre gardiens, qu'un vieux détenu, un vétéran de la geôle, s'était fait couper les jambes par le Tread-Mill...

Le lendemain, on l'enterrait quelque part et tout était dit.