Cette minute arriva enfin et j'oubliai toutes mes souffrances, toutes mes angoisses...
Les ouvriers de la cordonnerie n'avaient pas touché à mes chaussures... elles étaient intactes et je retrouvai la petite rondelle de cuir vissée sous le talon droit telle que je l'avais laissée... Cependant, elle tenait bien, et, pour l'arracher, il m'eût fallu un outil.
Je la rongeai avec mes dents et parvins à extraire le diamant de sa gangue...
Dieu! qu'il me parut beau!... Comme il brillait!... quels feux il jetait. On eût dit un soleil! Je le baisai à plusieurs reprises dans une sorte de joie fébrile, et telle était mon exaltation que je n'entendais plus rien de ce qui se passait autour de moi... Je n'entendais même point ce pauvre Crafty qui frappait au mur comme un sourd, pour me demander si j'avais retrouvé mes bottines.
Quand je fus enfin revenu à la raison, je lui répondis, mais comme il avait l'air de vouloir prolonger la conversation, je prétextai un malaise subit, pour qu'il me laissât en paix.
Cependant, la première effervescence calmée, je me sentis de nouveau en proie à une mortelle inquiétude...
Où cacher mon diamant?
L'administration de la geôle de Reading n'a pas jugé à propos de mettre des poches à nos vêtements et les sandales qu'elle nous alloue n'ont même pas de talon. Je ne pouvais donc replacer le Régent dans sa «niche», car, pour cela, j'eusse été obligé de conserver mes bottines, et il n'y fallait pas songer.
Toute la nuit, je réfléchis, tenant mon diamant dans ma main.
Enfin, au jour, je trouvai une cachette provisoire.