Y renonceront-ils jamais?

Le code britannique aurait certes besoin d'être remanié, car il retarde vraiment trop. Au moment où, dans le monde entier, tout est en marche vers un système social plus en rapport avec les moeurs actuelles, où chez tous les peuples les lois ont été «retouchées», pourquoi l'Angleterre continue-t-elle à marquer le pas avec tant d'indolence?...


Le nouveau régime auquel j'avais été soumis, grâce au docteur Murderer, apaisa un peu mes nerfs; les tremblements qui m'agitaient devinrent moins violents, mais les étourdissements persistèrent, et c'étaient eux qui m'inquiétaient le plus, car je craignais qu'ils ne me prissent au moment où je serais en train de tourner le «moulin». De plus, je faisais de la neurasthénie, ce qui n'a rien d'étonnant avec un régime pareil, et la confiance que j'avais eue en l'avenir m'abandonnait peu à peu...

Ce qu'il m'eût fallu, c'était une cure d'air mais peut-être deviendrait-elle inutile si mon incarcération se prolongeait.

Un matin que j'étais exempt de Tread-Mill, la cloche de notre chapelle se mit à sonner tristement, à petits coups étouffés, comme honteuse d'avoir encore à annoncer la mort d'un détenu...

C'est effrayant ce qu'il mourait de monde à Reading, depuis quelques semaines!

En entendant ce glas, je me mis à pleurer.

Pourquoi? Je n'aurais pu le dire. Ce n'était pas la première fois que j'entendais tinter la «gloomy» (c'est ainsi que l'on appelait la cloche du temple) et jamais je ne m'étais senti ému comme ce jour-là.

Etait-ce pressentiment, crainte ou pitié? Je n'aurais pu le dire. Ce qu'il y a de certain, c'est que j'étais troublé au delà de toute expression et que je souffrais le martyre.