Tante Zoé parvint à le calmer en le gardant sur ses genoux. Elle lui demanda:
--Pourquoi que t'aimes pas ta maîtresse asteur? Y paraît que tu y a fait de la peine.
L'institutrice ajouta:
--Est-ce bien vrai que tu ne m'aimes plus?
L'enfant resta muet.
--Pauvre p'tit! les chats y'ont mangé la langue.
Paul se serra davantage sur la poitrine plate de sa mère d'adoption et demeura silencieux.
L'institutrice voulut s'approcher; mais Paul s'écria, frémissant de tout son être:
--Ne me touchez pas! Ne me touchez pas!
Quand mademoiselle Jobin fut partie, tante Zoé promit à son neveu un gros morceau de sucre du pays, dont il était friand, s'il voulait lui dire ce qu'il avait contre sa maîtresse. Outrée de son mutisme obstiné, elle le menaça ensuite de la colère de l'oncle Batèche, qui était terrible avec les petits. Promesses et menaces furent inutiles, Paul garda son secret.