derrière un bosquet de plantes vertes, attaqua les premières mesures d'un quadrille et le bal commença. Puis, valses, two-steps schottiches, lanciers se succédèrent presque sans interruption. On dansa même le tango et le turkey trot. De nouveaux danseurs remplaçaient ceux qui allaient se rafraîchir, manger quelque chose au buffet, ou bien causer dans les salons. Le spectacle était à la fois suggestif et magnifique de voir tous ces couples enlacés tournoyer, gracieux, dans cette atmosphère grisante d'odeur de femme et de parfum, de fixer toutes ces épaules blanches, tous ces bras potelés, toutes ces tailles onduleuses, tous ces yeux brillant de plaisir, toutes ces figures à demi pâmées de danseuses s'abandonnant à la griserie de la minute présente, sous l'étreinte de leurs danseurs. Les violons rythmaient des caresses et les notes stridentes des cuivres sonnaient la charge.

Plus d'une liaison s'ébaucha durant cette nuit de bal et plus d'une jeune fille laissa quelque peu friper sa robe blanche.

Flora, qui était revenue vers Jacques après avoir valsé à son gré, lui indique Paul Mirot dansant encore avec la petite Pistache:

--Oh! ils vont bien.

--L'oncle Jack va bien mieux.

--Où est-il?

--Je n'en sais rien. Mais je l'ai vu, il y a environ une heure, penché sur la poitrine opulente de madame Montretout. Ils sont disparus ensemble. C'est scandaleux... une si honnête femme!

Le peintre Lajoie, qui avait bu quelques coupes de Champagne frappé, au buffet, simulant la frayeur, se présenta devant eux, en s'écriant avec des gestes comiques:

--Ah! mes amis, au secours! Sauvez-moi! Cet homme-là c'est Gargantua en personne. Il va m'avaler.