—Je ne l'ai pas quittée pour longtemps, puisqu'elle doit venir ici la semaine prochaine. D'ailleurs, vous savez bien que je suis devenue la garde malade du comte.
—Comment va-t-il?
—Vous êtes bien bon! ni bien ni mal. Mais il a trop de maladies à la fois pour en avoir une bonne.
—Il faut que je voie la comtesse.
—Ah! si madame a dit non, c'est non! Je la connais encore mieux que vous; quand vous verrez madame, c'est que madame voudra vous voir.
—Elle vient ici?
—Oui! elle est venue hier, elle reviendra demain. Mais je suppose que vous ne songez pas à lui donner ici un rendez-vous. D'ailleurs, elle ne vient pas seule; elle est accompagnée de Mme de Fromentel, une autre femme romanesque, qui, depuis la mort tragique de votre frère, passe la moitié de sa vie à pleurer au couvent de Sainte-Marie.
—Il faut pourtant que je voie Valentine. Je lui ai écrit, elle ne me répond pas. Si vous la voyez demain, dites-lui bien que tout ceci finira mal.»
Cette petite conversation se passait, moitié dans l'antichambre, moitié sur le palier; car ni Georges ni Emilie n'avaient franchi le seuil.
La femme de chambre baissa la voix pour murmurer: «Tout ça finirait bien, si le comte aimait assez sa femme pour en mourir.»