—Je veux bien, mais pourquoi voulez-vous que l'âme de Valentine?—si j'admets l'image de l'âme—vienne s'égarer ici à l'hôtel Victoria, où elle ne sait pas que je suis?

—Par les attractions de l'amour, par la volonté de mon âme, car j'ai voulu qu'elle vînt. Ne vous est-il pas arrivé souvent, quand vous étiez au théâtre ou à votre fenêtre, de forcer une femme à vous regarder par le magnétisme de votre regard? Si l'homme corporel a une telle force, pouvez-vous douter de la force cent mille fois plus forte de l'homme incorporel? Puisque l'âme est une parcelle de la Divinité, elle peut soulever un monde.»

Georges du Quesnoy ne fut pas convaincu, et pourtant la vision le frappait encore.

M. Home s'étant approché de la fenêtre:

«Mon cher ami, dit-il à Georges, je dédaigne de vous mettre les points sur les i. Rappelez-vous cette lettre de Marie-Antoinette où elle raconte que Cagliostro lui a fait voir la guillotine dans une carafe.

—La guillotine! s'écria Georges avec un sentiment de terreur.

—Eh bien, oui, la guillotine. Quand la malheureuse reine fut au Temple, elle se rappela la carafe de Cagliostro; aussi elle demanda toujours qu'on lui servît de l'eau dans une cruche.

—La guillotine! dit encore Georges.

—C'est un mot qui vous épouvante?

—Non, je n'ai peur de rien, mais je dois vous dire qu'une chiromancienne m'a prédit que je mourrais guillotiné.