—Si je n'avais pas ouvert la fenêtre, dit M. Home, j'interrogerais votre destinée. Peut-être la glace nous dirait-elle s'il y aura ou s'il n'y aura pas de guillotine. Mais c'est fini, je suis délivré des esprits. Si vous voulez à toute force savoir comment vous mourrez, interrogez un miroir quand vous serez seul la nuit avec la foi au monde invisible. Mais il ne faut pas un seul être vivant autour de vous.»
M. Home respirait avec bonheur l'air vif de la nuit.
«Je suis sauvé encore une fois,» reprit-il en s'animant.
Un silence.
«Les esprits ont livré bataille, mais les voilà vaincus, grâce à votre présence. Adieu. Je vais me coucher; je n'ai plus peur.»
Ils sortirent tous les deux.
Georges serra la main de M. Home. C'était une main de marbre. Comme il avait oublié sa canne, il retourna dans la chambre à coucher.
Quand il passa devant le piano, ce ne fut pas sans frissonner un peu. A peine fut-il à la porte, que le piano eut encore quelques notes de son chant lugubre.
La porte se ferma violemment derrière lui; aussi il eut beau vouloir reprendre son air de scepticisme pour entrer chez Mlle Soubise, Mlle Anna Delion lui dit:
«Vous avez l'air d'un mort qui a la permission de minuit.