Je les remarquai alors, et depuis, je l'espère, je les ai toujours remarqués.
J'étais assis la tête penchée sur ma poitrine, profondément absorbé par ce solennel enchaînement de pensées, lorsque j'en fus brusquement tiré par un bruit de coups très distinct, tel que le produirait un homme qui voudrait attirer l'attention.
Je me levai d'un bond et plongeai mes regards dans l'obscurité croissante sans pouvoir me rendre compte de quel côté cela venait.
Je m'étais déjà presque persuadé que mes sens m'avaient trompé, quand le bruit se répéta, plus fort que la première fois.
Je levai les yeux et vis une figure qui m'épiait à travers la meurtrière, ou plutôt une partie de la figure, car je ne pouvais apercevoir que l'œil et le bord de la joue.
En montant sur mon siège, je reconnus que ce n'était rien autre que le fermier qui m'avait tenu compagnie en route.
—Chut, mon garçon! dit-il à demi-voix dans le plus pur anglais et non plus dans le patois de l'ouest comme le matin.
Il passait son doigt à travers l'étroite fente, pour m'inviter au silence.
—Parlez bas, ou il pourra arriver que la garde nous entende... Qu'est-ce que je puis faire pour vous?
—Comment avez-vous fait pour savoir où je suis? demandai-je avec étonnement.