Bientôt la force du soulèvement et de la retombée nous apprit que nous avions franchi l'entrée du port et que nous étions en plein canal.

À terre, des lumières clignotantes, apparaissant à de longs intervalles, marquaient la ligne de la côte.

Comme je me retournais pour regarder en arrière, un nuage, en se mouvant lentement, découvrit la lune, et je vis le dessin bien net des agrès du brick sur le disque d'un blanc froid.

Près de la voilure, était debout le vétéran, qui d'une main se tenait à un cordage, et agitait l'autre, en signe d'adieu et d'encouragement.

Un autre gros nuage masqua la lumière, et cette maigre et nerveuse figure, ce long bras tendu furent le dernier objet que je vis, avant une longue et triste période, du cher pays où j'étais né et avais été élevé.


[X—Où tout prend fin.]

Ainsi donc, mes chers enfants, me voici parvenu à la fin du récit d'un échec,—d'une aventure qui échoua bravement, noblement, mais qui n'en fut pas moins un échec.

Trois ans plus tard, l'Angleterre devait reprendre possession d'elle-même, rejeter les chaînes qui entravaient la liberté de ses membres, faire fuir Jacques et sa venimeuse couvée loin de ses rivages, tout comme je les fuyais alors.

Nous avions commis l'erreur d'être en avance sur notre temps.