Jim racontait qu’étant assis sur un tronc d’arbre tombé et en train de prendre son repas de midi, composé de liquide et de lard rance, son oreille exercée avait perçu le bruit de sabots de chevaux.
Il avait eu à peine le temps de s’allonger à terre derrière l’arbre qu’une troupe de cavaliers traversa le bois et passa à un jet de pierre de lui.
—Il y avait là Bill Smeaton et Murphy Duff, dit-il.
C’étaient les noms de deux bandits bien connus.
«Il y en avait trois autres que je n’ai pas très bien vus. Ils ont pris la piste de droite. Ils avaient l’air d’être partis en expédition pour tout de bon, leurs fusils en main.
Jim fut soumis ce soir-là à un interrogatoire minutieux, mais rien ne put le faire varier dans sa déposition ni ajouter quelque clarté à ce qu’il avait vu.
Il raconta l’histoire plusieurs fois et à de longs intervalles, mais bien qu’il y eut peut-être d’agréables variations dans les détails, les faits essentiels restaient toujours les mêmes.
La chose commençait à prendre une tournure sérieuse.
Il y en eut toutefois qui exprimèrent bruyamment leurs doutes au sujet de l’existence de coureurs de la brousse.
Parmi ceux qui se firent ainsi le plus remarquer, était un jeune homme, perché sur un baril, au milieu de la pièce.