Il devait se résigner à faire de son mieux.
En tout cas, il prouverait à Carrie que s’il ne savait pas lui parler, il était du moins capable de mourir pour elle.
Cette idée fit passer en lui une vraie flamme de plaisir, pendant qu’il rampait dans l’ombre de la maison.
Il arma son révolver: l’expérience lui avait appris l’avantage d’être le premier à tirer.
La route par laquelle arrivaient les coureurs de la Brousse aboutissait à une porte de bois donnant sur le haut du petit jardin de l’essayeur.
Cette porte était flanquée à gauche et à droite d’une haute haie d’acacia, et s’ouvrait sur une courte allée bordée également d’une muraille infranchissable d’arbustes épineux.
Abe connaissait parfaitement la disposition des lieux.
À son avis, un homme résolu pouvait barrer le passage pendant quelques minutes, jusqu’au moment où les assaillants se feraient jour par quelque autre endroit et le prendraient par derrière.
En tout cas, c’était sa chance la plus favorable.
Il passa devant la porte de la façade, mais s’abstint de donner l’alarme.