En 1809, autre conspiration, racontée par Fouché lui-même. « Les réunions avaient lieu chez la princesse de Vaudémont à Suresnes », où il se réconcilia avec Talleyrand.

En 1810, sous le prétexte de vouloir traiter de la paix, lui, Fouché, sans ordre, sans pouvoir, il envoyait un négociateur à Londres. Et quel était ce diplomate improvisé ? C’était Ouvrard, le fournisseur taré, l’homme de tous les tripotages.

L’étrangeté de l’ambassadeur peut, sous les motifs apparents de sa mission, laisser deviner qu’il avait des pouvoirs très variés, en se rendant dans un pays où l’on rencontrait non seulement les ennemis de la France, mais aussi les ennemis de l’Empereur, les royalistes.

Cette fois, la mesure était comble. Sans vouloir approfondir les dessous de la mission d’Ouvrard, Napoléon destitua Fouché et lui écrivit une lettre dont nous détachons les lignes suivantes : « … Déjà, dans des circonstances importantes, vous avez compromis ma tranquillité et celle de l’État… la singulière manière que vous avez de considérer les devoirs de ministre de la police ne cadre pas bien avec le bien de l’État… Je suis cependant obligé à une surveillance perpétuelle qui me fatigue et à laquelle je ne puis être tenu… Je ne puis pas espérer que vous changiez de manière de faire, puisque depuis plusieurs années des exemples éclatants et des témoignages réitérés de mon mécontentement ne vous ont pas changé… »

Pendant que Fouché faisait ses préparatifs de départ, le malheur voulut que les papiers d’Ouvrard, arrêté, fussent mis sous scellés. Il s’ensuivit que Fouché eut maille à partir avec l’Empereur, et qu’il dut fuir de Paris jusqu’en Toscane pour ne pas être arrêté.

Supplié par Elisa, sa sœur, Napoléon permit à Fouché de vivre dans sa sénatorerie d’Aix, et plus tard, il l’autorise à habiter le château de Ferrières, propriété de l’ancien ministre de la police. Enfin, grâce à l’intercession de Duroc, Fouché obtint la faveur de rentrer au Sénat et de reparaître à la cour impériale.

Une fois cet obstacle franchi, c’était, pour Fouché, un jeu d’enfant de regagner complètement les faveurs de son maître, dont il connaissait les faiblesses de caractère ; en effet, en 1813, il est nommé gouverneur général de l’Illyrie.

La clémence de Napoléon envers ce piteux personnage lui fut encore une fois funeste : Fouché porta un coup désastreux à l’Empereur en décidant Murat à entrer dans la coalition formée contre la France.

Il alla même au quartier général d’Eugène, inviter ce dernier à suivre l’exemple de Murat et à trahir l’Empereur ; heureusement pour l’honneur de l’humanité, le vice-roi ne suivit pas ces perfides conseils.

Pendant le séjour de Napoléon à l’île d’Elbe, tout naturellement Fouché se mit à conspirer contre Louis XVIII. En 1815, après le retour de l’île d’Elbe, l’Empereur, toujours crédule, toujours enclin à ne pas se séparer des personnes auxquelles il est accoutumé, nomme derechef Fouché ministre de la police générale.