Mais de quelle sinistre prophétie l’Empereur n’a-t-il pas dû sentir le contre-coup en son exil de Sainte-Hélène, s’il s’est ressouvenu de ce passage des poésies qu’il admirait :

Que me sert aujourd’hui d’avoir avec courage

Bravé dans cent combats le péril et la rage ?

. . . . . . . . . . . . . . . .

Dites-lui qu’au fond des déserts,

Mon bras fut trahi par la guerre,

Qu’étendu sur le bord des mers,

J’ai pour lit une froide pierre,

Et pour boisson les flots amers !

Après Ossian, ses préférences littéraires sont exclusivement pour la tragédie. C’est son spectacle de prédilection, et parmi les poètes tragiques, il met Corneille au-dessus de tous. Aussi, quand on lui propose de servir une rente de trois cents francs aux descendants de l’auteur du Cid, l’Empereur répond : « Ceci est indigne de celui dont nous ferions un roi. Mon intention est de faire baron l’aîné de la famille, avec une dotation de 10 000 fr. ; je ferai baron l’aîné de l’autre branche, avec une dotation de 4 000 francs, s’ils ne sont pas frères. Quant aux demoiselles, savoir leur âge et leur accorder une pension telle qu’elles puissent vivre. »