[1] Nous avons respecté dans cette partie l’orthographe Obock.

Par le rappel de certains points de cette protestation nous pensons éclairer quelques passages du Voyage en Abyssinie et au Harrar, la défense faite par le Gouverneur d’Obock concernant précisément l’organisation et l’acheminement de la caravane dont Arthur Rimbaud donne les détails de marche, l’année suivante, dans ses « Notes » au journal égyptien.

(N. de l’Éd.)

… Nous sommes négociants français établis depuis une dizaine d’années au Choa, à la cour du roi Ménélik.

Au mois d’août 1885, le roi du Choa, le ras Govana et plusieurs de nos relations en Abyssinie nous firent une commande d’armes et de munitions, d’outils et de marchandises variées. Ils nous avancèrent certaines sommes, et, rassemblant en outre tous nos capitaux disponibles au Choa, nous descendîmes à la côte d’Obock.

Là, ayant demandé et obtenu de M. le gouverneur d’Obock l’autorisation de débarquer à Tadjourah et d’expédier en caravane la quantité précise d’armes et de munitions que nous désirions acheter, ayant aussi obtenu du gouvernement d’Aden, par l’entremise de M. le Consul de France, l’autorisation de faire transiter les dites armes à Aden pour Tadjourah, nous fîmes faire nos achats en France par nos correspondants, l’un de nous [Labatut] restant à Aden pour le transit, l’autre [Rimbaud] à Tadjourah pour la préparation de la caravane sous la protection française.

Vers la fin de janvier 1886, nos marchandises, ayant transité à Aden, furent débarquées à Tadjourah, et nous organisâmes notre caravane…

....... .......... ...

Enfin, notre départ devait avoir lieu vers la fin de ce mois d’avril.

Le 12 avril, M. le gouverneur d’Obock venait nous annoncer qu’une dépêche du Gouvernement ordonnait sommairement d’arrêter toutes importations d’armes au Choa ! Ordre était donné au Sultan de Tadjourah d’arrêter la formation de notre caravane !