Ainsi, avec nos marchandises en séquestre, nos capitaux dispersés en frais de caravane… nous attendons à Tadjourah les motifs et les suites d’une mesure aussi arbitraire.
Cependant, nous sommes bien en règle avec tous les règlements…
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Nous pouvons prouver que nous n’avons jamais vendu, donné ou même confié une seule arme aux indigènes…
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Nos armes doivent être livrées à Ménélik dans leur emballage au départ de France, et il ne peut jamais en être rien distrait, soit à la côte, soit à l’intérieur.
Quelles que doivent être par la suite les décisions du Ministère, nous demandons à établir d’avance qu’il nous serait tout à fait impossible de liquider légalement ou normalement notre affaire :
1o parce que ces armes et munitions sont à ordre du gouvernement du Choa ;
2o parce qu’il nous est impossible de rentrer dans les frais faits.
Nulle part, ces armes ne réaliseraient leur valeur revient Tadjourah. Les gens au courant de ces opérations savent qu’un capital triple de la valeur réelle des armes est immédiatement consommé à la côte par le débarquement, les vivres et salaires de toute une population de servants abyssins et de chameliers assemblés pour la caravane, les bakshich considérables en argent et cadeaux aux notables, les extorsions des Bédouins du voisinage, les avances perdues, le paiement du loyer des chameaux, les droits de racolage et les taxes de passage, les frais d’habitation et de nourriture des Européens, l’achat et l’entretien d’une masse de matériel, de vivres, d’animaux de transport par une route de cinquante jours dans le plus aride des déserts !