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Il se comprend que l’on n’entreprend des affaires aussi lentes, dangereuses et fastidieuses, que dans la perspective assurée de gros bénéfices…
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C’est donc leur valeur définitive au Choa que nous devons logiquement donner dès à présent aux armes de notre caravane organisée à Tadjourah, puisque, les frais faits et les fatigues subies, il ne nous reste plus qu’à franchir la route pour faire la livraison et toucher le paiement.
Voici en détail la valeur de l’opération que l’autorité française nous a permis de former, puis défendu d’exécuter :
| 2.040 fusils à capsule, tarifés au Choa quinze dollars Marie-Thérèse l’un, total | 30.600 dollars |
| Soixante mille cartouches Remington à 60 dollars le mille | 3.600 dollars |
| — Aux armes et munitions est annexée une commande d’outils pour le Roi qu’il est impossible d’expédier isolément. Valeur | 5.800 dollars |
| La valeur totale de la caravane est donc de | 40.000 dollars |
Ajoutant 50 % au retour, c’est-à-dire le bénéfice de la vente à Aden des marchandises (ivoire, musc, or) données en paiement au Choa par le Roi, nous établissons que cette opération doit nous produire une somme nette de soixante mille dollars dans un délai de un an à dix-huit mois. (Soixante mille dollars au change moyen d’Aden, francs 4.30, égalent deux cent cinquante-huit mille francs.)
Nous considérerons le Gouvernement comme notre débiteur de cette somme tant que durera l’interdiction présente, et, si elle est maintenue, tel sera le chiffre de l’indemnité que nous réclamerons du Gouvernement.
Nous ne pouvons nous empêcher de faire les réflexions suivantes sur quelques raisons politiques qui pourraient avoir motivé la mesure qui nous frappe :
1o Il serait absurde de supposer que les Dankalis puissent s’armer par l’occasion de ce trafic. Le fait extraordinaire, et qui ne se reproduirait plus, de quelques centaines d’armes pillées au loin lors de l’attaque de la caravane Barral, réparties entre un million de Bédouins, ne constitue aucun danger.