mais il n'ira pas au-delà; c'est à peu près la borne de son raffinement.
Où sont les joies que jadis je rencontrais le matin,
Et qui dansaient à la chanson matinale de l'alouette?
Où est la paix qui attendait mes promenades,
Le soir, parmi les bois sauvages?
Je ne suis plus le cours sinueux de cette rivière,
Regardant les douces fleurettes si belles;
Je ne suis plus les pas légers du Plaisir,
Mais le Chagrin et les Soucis aux tristes soupirs.
Est-ce que l'Été a abandonné nos vallées,
Et le sombre et morose Hiver est-il proche?
Non! Non! les abeilles, bourdonnant autour des éclatantes roses,
Proclament que c'est maintenant l'orgueil de l'année.
Volontiers je voudrais cacher ce que je crains de découvrir,
Ce que depuis longtemps, trop longtemps, je sais trop bien;
Ce qui a causé ce désastre dans mon cœur
Est Jenny, la douce Jenny toute seule.
Le Temps ne peut me secourir, ma peine est immortelle,
L'Espoir n'ose pas m'apporter une consolation:
Allons, énamouré et épris de mon angoisse,
Je chercherai de la douceur dans ma souffrance[586].
Parfois cette sensation de modernité, qu'on découvre çà et là chez lui, ressort d'un mélange plus curieux de paysage et de sentiment. La pièce suivante, par exemple, doit son charme à ce que le paysage, au lieu d'être égal et bien assis comme les effets habituels de soleil ou de nuit, est un effet intermédiaire beaucoup plus rare chez lui. Ce vaste et vague horizon, peint d'un trait, dépasse les descriptions ordinaires. Cette ville aperçue dans la lumière du soir, et qui revient à chaque instant, donne un pittoresque et une couleur qui étaient rares alors. Le morceau entier est comme traversé et empourpré par un rayon du couchant. C'est une impression distinguée, dans le genre de celles qui ont été atteintes plus tard par les poètes, lorsque trouvant les grands effets rendus ils ont été obligés d'en chercher de plus fins et de plus rares.
Oh! savez-vous, qui est dans cette ville,
Sur laquelle vous voyez le soleil couchant?
La plus belle dame est dans cette ville
Sur laquelle brille le soleil couchant.
Peut-être là-bas, dans ce bois vert et brillant,
Elle erre, près de cet arbre touffu.
Heureuses fleurs, qui fleurissez autour d'elle,
Vous obtenez les regards de ses yeux!
Heureux oiseaux qui chantez autour d'elle,
Souhaitant la bienvenue à l'année fleurie!
Et doublement bienvenu soit le printemps
La saison chère à ma Lucy.