Le 1er juillet.—Un sergent et douze bas officiers sont arrivés de l'hôtel[27] pour supplément de garde.

Le 7 juillet.—À quatre heures du matin est arrivé un détachement de Salis-Samade suisse, composé de trente hommes et un lieutenant nommé Deflue[28] pour renforcer la garnison de ce château.

Cette garnison se composait alors de 82 vétérans, dont deux canonniers de la compagnie de Marigny et des trente-deux hommes du lieutenant de Flue. Cet effectif était plus que suffisant pour résister à une foule mal armée et dépourvue de matériel de siège.

On savait encore que M. de Launay possédait, outre les 15 pièces de canon des tours, trois pièces en batterie dans la cour d'honneur et douze fusils de rempart; que ses munitions se composaient de 400 biscaïens, de 12 coffres de boulets-sabotés[29], de 15.000 cartouches et de 250 barils de poudre qu'il avait fait amener de l'arsenal dans la nuit du 12 au 13.—Enfin que 10 voitures de pavés, vieux fers, vieux boulets, etc., étaient entassés sur les tours en cas d'assaut.

Le 13 au soir, le bruit se répand que des ordres ont été donnés pour attaquer Paris dans la nuit du 14 au 15 et que les principaux députés et électeurs doivent être arrêtés à domicile. Peu après, une copie du plan d'attaque circule dans tous les districts; il est ainsi conçu:

«Les invalides s'opposeront à l'enlèvement des armes et des canons de leur hôtel; au premier signal, ils feront feu sur les habitants de Paris; ils recevront aussitôt des renforts du camp posté au champ de Mars où se trouvent les régiments de Salis-Samade, Château-Vieux, Diesbach, suisses; Berchigny, hussard; Esterhazy et Royal-Dragon.

«Des hussards et des dragons se porteront rapidement sur l'Hôtel de Ville pour y enlever les magistrats et les archives.

«Au premier coup de canon, le prince de Lambesc entrera à la tête du Royal-Allemand et d'un autre régiment de cavalerie; il sabrera tout sur son passage pour s'emparer des ponts qu'il garnira de canons.

«En même temps les troupes qui forment l'investiture de Paris détacheront: de Saint-Denis, les régiments de Provence et de Vintimille; de Neuilly, ceux de Royal-Suisse, Alsace et Bouillon; de Sèvres et Meudon, ceux de Hesse-Hermannstadt, Roëmer, Royal-Cravate, Royal-Pologne et Siennois composé de quatre bataillons de chasseurs. Ces troupes rangées à la porte Saint-Antoine seront soutenues par le canon de la bastille.

«Les hauteurs de Montmartre seront occupées par les régiments de Besançon et de la Fère et, de plus, garnies de dix pièces de canon pour foudroyer la Ville; trois régiments d'infanterie allemande avec dix pièces de canon occuperont la barrière d'Enfert.