[Note 4: La coutume d'enlever les filles était générale parmi les Serbes sous la domination turque et, selon M. Vouk, elle règne encore chez ceux qui relèvent directement de la Porte Ottomane. Ce rapt avait lieu à main armée et entraînait souvent l'effusion du sang. Voici, parmi les détails que donne notre auteur dans son Dictionnaire serbe (au mot OTMITZA), ceux qui m'ont semblé les plus caractéristiques: «S'il arrive que la fille résiste et ne veuille point suivre les ravisseurs, ceux-ci l'entraînent en la tirant par les cheveux, et en la frappant à coups de bâton, comme des bœufs dans un champ de choux,» et «on l'entraîne dans un bois, et on la marie dans quelque cabane de pâtre ou tout autre endroit, le pope est contraint, bon gré mal gré, et sous peine d'être abîmé de coups, de faire le mariage.»]

[Note 5: Il a fallu plus de quinze jours à M. Vouk pour recueillir de la bouche d'un seul rapsode (pévatch), un vieillard nommé Milia, la pesma des noces de Maxime Tzèvnoiévitch, qui n'a pas moins de douze cent vingt-six vers, il est vrai, et qui, avec celle intitulée Banovitch Stralnma, renfermant huit cent dix vers, est le plus long des poëmes serbes.]

[Note 6: Un des hommes les plus distingués de la principauté me disait qu'étant ministre de l'intérieur, il y a environ dix ans de cela, il s'était vu obligé d'interdire, dans quelques districts, le chant public des pesmas, qui exaltaient encore assez les auditeurs pour en pousser quelques-uns à s'enfuir dans les montagnes et à se faire haïdouks.]

[Note 7: Ivana Gundulitcha Osman, u dvadeset pievaniah, u Zagrebu 1844.]

[Note 8: Le serbe n'a guère pris au turc des mots désignant des choses usuelles, des objets fabriqués surtout, et des noms de métiers. Les Bosniaques, tout zélés musulmans qu'ils ont la prétention d'être, ont conservé, comme on sait, les noms, la langue et beaucoup des usages slaves. Je me suis diverti plus d'une fois à voir l'embarras et le dépit de quelqu'un de ces grands et solides gaillards, au turban rouge en spirale, alors qu'un Turc lui adressait la parole, et qu'il se trouvait dans l'impossibilité de comprendre les plus simples questions, ou même d'y répondre.]

[Note 9: On peut citer pour exemple une pesma intitulée Combat entre les habitants d'Arad et ceux de Komadia. Elle est assez récente, du temps de Joseph II (Ioçifa kiéçara). Entre autres aménités, avant le combat, ou plutôt la rixe provoquée par les Serbes, ceux-ci boivent «à la santé du brave, qui apportera une langue de calviniste,» c'est-à-dire de Magyar, comme le montre la suite, où les deux dénominations sont employées indifféremment.]

[Note 10: Veut-on savoir, par exemple, où en est la philosophie en Russie et même ce qu'on y entend par là, que l'on consulte la Chrestomathie russe de Galahov, imprimée a Moscou en 1853, pour l'usage des universités. On sera étonné du caractère des morceaux qui représentent cette branche de la littérature.]

[Note 11: Am. Thierry, Histoire d'Attila, Revue des Deux-Mondes, 15 février 1852.]

[Note 12: J'ai imprimé la traduction de deux de ces contes dans l'Athénaeum français du 6 janvier 1855. Quant à l'absence, dans la poésie, des vampirs et autres objets des croyances populaires, c'est ce fait qui excita le premier, chez Mickiewicz, des soupçons sur l'authenticité de la Guzla, de M. Mérimée. (Cours de littérature slave.)]

[Note 13: Les premières sont des chansons que, le jour de la Pentecôte, des filles, dont l'une prenait le nom de reine, Kralyitza, allaient chanter de porte en porte dans les villages; les autres étaient chantées aussi par des jeunes filles, mais nues et couvertes seulement de branchages et de fleurs; aussi des Tziganes étaient-elles ordinairement les actrices de cette cérémonie, qui avait lieu en temps de sécheresse et pour implorer la pluie du ciel.—Je mentionnerai encore ici les lamentations funèbres (naritzanié, à Belgrade zapévanié) que prononcent les femmes sur le corps des morts, ainsi que cela a lieu encore chez les Corses, les Grecs, les Irlandais. Cet usage, pour le dire en passant, dont j'ai été témoin plusieurs fois, a plutôt excité ma curiosité que mon émotion.]