[Note 14: Les vers, dans ces chansons, sont de trois jusqu'à quatorze syllabes, et sont formés de trochées ou de dactyles, rarement mélangés. Par une coïncidence singulière, deux des vers les plus usités, l'héroïque, et un autre, aussi de dix-sept syllabes, mais coupé par le milieu, sont identiques à deux mètres, aussi employés chez nous. Voici un exemple du second:
Ōblăk sĕ vīyĕ | pō vĕdrŏm nēbŭ
Le nuage flotte dans le ciel clair
Pour toutes les sortes de vers, il y a une remarque presque générale à faire, c'est que la quantité primitive des syllabes y est modifiée suivant les exigences de la métrique. Ainsi le vers héroïque suivant (composé comme tous ceux de cette classe, uniquement de trochées), dont les mots, pris isolément, seraient prononcées
Ĭ pōnĕsĕ | trī tōvără blāgă.
a pour prononciation chantée.
Ī pŏnēsĕ | trī tŏvāră blāgă.
N'y a-t-il pas là, pour le dire en passant, un fait de nature à jeter quelque lumière sur la question si controversée du rôle de l'accent et de la quantité dans l'ancienne poésie grecque? L'accentuation de la langue moderne est fortement marquée, or, les anciens Hellènes auraient-ils pris la peine d'inventer une notation qui n'aurait répondu à rien? et ne modifiaient-ils pas aussi dans la poésie la prononciation habituelle, c'est-à-dire l'accentuation de leur langue, selon les exigences de la métrique?—Ajoutons que la rime était complétement inconnue aux Serbes, et n'a été introduite que récemment dans la poésie savante.]
Afin de reproduire autant que possible la prononciation serbe, et en même temps ne pas m'éloigner trop de l'orthographe originale, j'ai cru convenable d'adopter une méthode de transcription uniforme et en partie conventionnelle pour quelques sons de la langue serbe.
Prononcez
ai, ei, oi, oui, comme ail, eil, oille (oy), ouille dans travail, soleil, foyer, fouille;