V. [Note 13: Ces corbeaux, porteurs de mauvaises nouvelles, figurent fréquemment dans la poésie héroïque serbe.]

V. [Note 14: Il existe sur Strahima Banovitch un long poème de huit cent dix vers, mais dénué d'intérêt.]

II

MARKO KRALIEVITCH

NOTICE

Marko Kralievitch (fils de roi), nous l'avons vu, est un personnage historique. Il était le fils aîné du roi Voukachine, vassal des tzars serbes Étienne Douchan et Ouroch, et qui après avoir tué ce dernier de sa propre main, périt lui-même en 1371, dans une bataille contre les Turcs. Dépouillé de son héritage par son beau-frère George Balza et par le knèze Lazare, devenu le souverain des Serbes, mais après avoir, à ce que semblent prouver de récentes découvertes[a], été revêtu pendant quelques années de la dignité royale, Marko implora le secours du sultan Murad Ier, devint son vassal, prit part en cette qualité à toutes les expéditions des Turcs, et périt en 1392 dans une bataille qu'ils livrèrent aux Valaques, à Rovina.

Voyons maintenant ce que la légende a fait de lui.

«Il n'y a pas un serbe, dit M. Vouk, qui ne connaisse le nom de Marko Kralievitch,» et à propos d'une monnaie frappée à son effigie, voici comment s'exprime un antiquaire serbe: «Cette pièce est de la plus haute importance pour notre histoire, en ce qu'elle nous révèle l'existence d'un roi serbe, que bien des personnes, même instruites, ne regardaient jusqu'ici que comme un ivrogne et un aventurier.»

C'est qu'en effet la capacité illimitée de boire, des exploits merveilleux et une force corporelle sans égale, attribués à Marko, et passés en proverbe, ont peu à peu effacé dans l'imagination populaire les autres traits de son caractère, que le lecteur pourra recomposer en lisant les pages qui suivent.

Marko a toute une biographie légendaire.