Ainsi finit la Zanitonella, poème bucolique d'une nature peu choisie, sans doute, mais original par l'intérêt suivi qu'il présente, et, quant à la vérité, bien préférable, dans sa rusticité grotesque, aux idylles musquées, poudrées et pommadées de Fontenelle, et même aux bergeries mélancoliques et penseuses de Racan, comme aux églogues élégantes de J.-B. Rousseau et de Gresset. Théocrite, le divin Théocrite lui-même n'est pas moins cynique souvent que Folengi; on le peut voir jusque dans la traduction si heureusement châtiée que Coupé nous en a donné dans ses Soirées littéraires. Pour lire des pastorales qui réunissent constamment le naturel des champs à la grace décente, il faut recourir à Virgile et à Gesner, et s'y tenir.
LES XXV FANTAISIES,
OU
HISTOIRE MACARONIQUE DES GESTES DE BALDUS[50].
Premier Chant.
Phantasia mihi quædam fantastica venit
Historiam Baldi grossis cantare camœnis;
Altisonam cujus famam, nomenque Gaïardum
Terra tremit, Baratrumque metu se cagat adossum.
Un caprice fantasque a saisi mes esprits,
De célébrer céans en burlesques écrits,