An 1160. 21o. La Vie de sainte Bathilde. L'abbé Lebeuf parle d'un Manuscrit donné à la maison de Sorbonne par le cardinal de Richelieu, contenant une traduction, faite au XIIe siècle, probablement par Lambert, de Liége, instituteur des béguines, d'une Vie, en latin, de sainte Bathilde, veuve de Clovis II, illustre reine régente du royaume, pendant la minorité de son fils, Clotaire III, laquelle mourut en 685, après avoir fondé les abbayes de Chelles et de Corbie. L'original de cette Vie est une composition contemporaine. Voici le début de la traduction, où l'on reconnaît le patois picard:
«Cheste dame fut née de Sessoigne et extraite de royal lignie, et fu en sa jonece ravie des mescréans: et fu par la porveanche nostre Seigneur amenée en cest pais et vendue a un haut home qui avoit nom Enchenvalx et estoit a che tans mareschaux de France, etc., etc., etc.»
An 1180. 22o. Fragmens de traduction d'une Epitre de saint Bernard, faite en 1180, par les frères convers des chartreux de Mont-Dieu, diocèse de Reims, à qui l'Epître est adressée. Ce Fragment nous est fourni par l'abbé Lebeuf, dans un de ses Mémoires pour l'Académie des Inscriptions.
«Tres chier freire en Jhesu Clist aouerte est a vous ma boche a bien pres outre mesure. Ne me puis retenir: Deus lo seit; pardonnez le moi, etc., etc., etc.»
Ce début est excellent et respire l'autorité et la charité tout d'abord.
An 1198. 23o. Traduction de la Passion de N. S. J.-Ch. Probablement celle qui fut faite, en 1198, pour les diocésains de Metz. Manuscrit très ancien, de la bibliothèque du cardinal de Rohan. En voici un fragment tel que nous le donne encore l'abbé Lebeuf.
«Dons en commencerent li alquant scupir en lui et cuverre sa face et batre a coleies et dire à lui; devyne: et li ministres lo battoient a facicies. Et quant Pierre estoit en la cort de lez, se vint une des ancelles lo Soverain Prestre; et quant ille ot veu Pieron ki se chafienet al feu, se lesvui ardeit et le dist a lui: et tu estoies avoc Jehu de Galileie. Cil desnoieit davant toz et se dit: Ne ni sait ne ni nentent ce que tu dis. Si ussit fuers davant la cort: se chanteit li jas. Lo parax (pareillement) quant une altre ancelle lo vent, se dist a ceos ki lai encor esteivent, car cist e de ceos. Lo parax un petit apres dissent à Pieron cil ki lai esteivent, vraiement tu es de Ceos: car tu es aussi Galilens. Et cil en commençoit excommunier et jurier ke ju ne sai ke cist hom soit ke vos dites. Maintenant lo parax chanteit li jas. (Car es ta parole te fait aparissant.) Se recordeit Piere la parole Jhesu, etc., etc., etc.»
An 1200. 24o. Sermons de Maurice, évêque de Paris. Manuscrit de l'an 1200, appartenant à la bibliothèque du chapitre de Sens. L'abbé Lebeuf, au tom. XVII des Mémoires de l'Académie des Inscriptions, donne la copie exacte des fragmens de deux sermons que nous allons insérer ici, ces fragmens nous paraissant dignes d'être réimprimés.
SERMO MAURICII EPISCOPI PARISIENSIS
AD PRESBYTEROS.
Dicit ei Jhesus pasce oves meas.