An 960-1080. 3o. Divers Actes et Titres, de l'an 960 à l'an 1080. On en pourrait recueillir encore d'autres, de cette époque, dans l'Histoire du Languedoc, par dom Vaissette.
An 1100. 4o. Poésies des Vaudois, et notamment le Poème de la Nobla Leycson, de l'an 1100. Ces écrits prouvent l'ancienneté de la secte des Vaudois. Le dernier est une Histoire abrégée de l'ancien et du nouveau Testament.
An 1130 environ. 5o. Histoire de la prise de Jérusalem, par Godefroy de Bouillon, écrite en dialecte limousin et nous semblant, par cette raison, devoir être classée parmi les monumens de la langue romane du Midi. L'auteur en est le chevalier Bechada, lequel écrivait de 1130 à 1140.
An 1150 environ. 6o. Poésies diverses du XIIe siècle. M. Raynouard en donne, comme toujours, le texte exact et la traduction.
An 1100-1400. 7o. Poésies de 350 Troubadours, dont le premier, parmi les auteurs conservés, est Guillaume de Poitiers, duc d'Aquitaine. Ce prince aimable et singulier naquit le 22 octobre 1071. Il se croisa en 1101, et mourut à cinquante-cinq ans, en 1126; c'est le plus habile et le plus harmonieux des troubadours, comme il en est le plus illustre et le plus ancien. Ses mœurs n'avaient rien de modeste. Il fonda un mauvais lieu, à Niort, sur le plan des monastères. Le pape, Caliste II, l'excommunia une fois dans sa vie; il se moqua de l'excommunication, et, comme il était fort gai, le rire le sauva: le rire est un bouclier. Il fut l'aïeul d'Eléonore d'Aquitaine, épouse de Louis VII, princesse qui chassa de race, et devint funeste à la France, comme chacun sait.
An 1270. 8o. L'Alphonsine, ou Coutumes données a Riom, en 1270, par Alphonse, comte de Poitou, frère de saint Louis. Le langage de ces coutumes nous a paru appartenir à la langue romane du Midi. En voici un passage rapporté par M. Duclos.
«So es assaber que per nos et per nostres successors, nonn sya faita en la villa dita Falha, o questa, o alberjada, ny empruntarem a qui meymes, si no de grat a nos prestar voliont lhabitant en questa meyma villa, etc., etc., etc.»
[19] Elémens de la langue des Celtes-Gomérites, ou Bretons, Strasbourg, 1779, in-8. Jean-Baptiste Bullet, académicien de Besançon, mort en 1775, auteur d'une Histoire et d'un Dictionnaire de la langue celtique, 3 vol. in-fol., 1754-59-70, doit aussi compter parmi les plus notables défenseurs de nos origines du langage, tirées du Celtique. Il y a bien des rêveries, sans doute, dans son savant Mémoire; mais il s'y rencontre également beaucoup de faits et de recherches qui méritent l'estime et doivent faire réfléchir les partisans du système anti-celtique.
[20] Mém. de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
[21] Mém. de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il y est justement cité, entre autres choses, cette locution latine: cave ne eas, qui n'est plus reconnaissable quand elle est ainsi prononcée: cauneas.