—Non,» dit-elle...

Et, tout de suite après, mais plus bas:

«Il suffit de moi pour tuer l’entrain d’une réunion comme celle-ci.»

Sans avoir disparu, la joie de cette fête n’était cependant plus la même: on s’entendait mieux, le bavardage sonore s’assourdissait, et il semblait aussi que chacun, tout en parlant, chantant ou riant, ne perdait pas de vue celle qui venait de s’asseoir et qui causait avec Mathieu, tantôt en anglais, tantôt en français, mais toujours d’une façon rapide, impersonnelle et dégagée, qui passait inaperçue.

«Il faudra revenir souvent, monsieur Delannes. On vous aime bien dans la troupe.

—J’en suis heureux, Madame, et je compte me faire, au Cirque Randal, des amis.

—Vous en avez déjà. On apprécie votre bonne camaraderie, votre simplicité.

—A fréquenter tout ce petit monde dans son décor, je m’instruis et m’amuse mieux qu’en traînant mes guêtres à Paris. Être simple et bon camarade, cela ne souffre, ici, pas de difficulté.

—Je le conçois; encore faut-il y mettre du sien, ce que vous faites avec aisance.»

Ils ne se regardaient pas; ils parlaient, en quelque sorte, devant eux. Ils ne ressentaient nul besoin de se communiquer leurs pensées autrement que par des phrases dites sur un ton banal.