— Eh bien, voilà! il est arrivé saoul.

… C'était peu, et la servante de l'auberge, qui m'apportait à manger, semblait tout à fait imbécile. — Personne, en outre, ne pouvait me renseigner sur van Horst… Il venait du Nord… Un bougre! Ah! pour sûr!… On ne savait rien d'autre.

La visite de van Horst était le seul événement de ma journée. Je l'attendais avec une impatience d'enfant. Jamais je n'avais gardé le lit, jamais! Ce repos forcé me tendait les nerfs, Je ne savais plus songer qu'à une chose : la faillite de mon beau projet. Je n'avais plus qu'un désir : informer van Horst de ce malheur. Pourquoi ne pas dire à cet homme toute ma peine? Il compatirait peut-être. Pourquoi ne pas lui demander un conseil?

Si peu craintif que je fusse à l'ordinaire, je n'eus pourtant pas le courage, tant que je gardai le lit, de retenir van Horst. Je m'y décidai, le premier jour de ma convalescence.

La veille, mon visiteur m'avait dit :

« Tu pourras te lever demain. »

Il me trouva debout.

— Oh! oh! déjà! Comment as-tu mis ta veste?

— Le nègre de la buvette m'a aidé.

— C'est bon, hein? la première fois qu'on bouge le bras?