IX.
Van Horst et moi restions seuls éveillés.
Point de lune. Les étoiles semblaient se détacher du ciel. On ne percevait dans cette ombre vaste que le léger bruissement de l'eau contre notre chaland.
La nature reposait de tout son immense corps.
Durant des nuits pareilles, devant cette paix enchanteresse, mon père aurait dû me parler de Dieu. Pourquoi le chercher dans les livres? Au lieu de l'inventer à tout instant du jour, que n'avait-il attendu l'heure des étoiles? Au lieu de me le montrer jugeant et condamnant les hommes, que ne me l'avait-il laissé voir dans sa majesté plus sereine, quand il est vêtu par les ténèbres et que les astres ceignent son front?
Van Horst rêvait en silence.
Je lui touchai le bras.
« Où allons-nous, van Horst?… Je sais, nous nous arrêterons aux mines, mais ce n'est pas cela que je veux dire. Où allons-nous? qui m'a donc forcé à vous suivre et qui rend la nuit si douce?… Oui, surtout, qui rend la nuit si douce et les étoiles si brillantes? »
Il ne répondit pas.
Que cherchait-il, par delà tout ce noir!