Il frémit comme devant un souvenir.

« J'en ai vu de dures, ajouta-t-il d'une voix mal assurée, mais… celle-là!… Oh!… »

Il regarda van Horst.

« Merci! » dit-il.

Et je vous assure que ce « merci! » valait un beau discours.

« C'était tout simple, dit van Horst, d'ailleurs c'est le gosse qui m'a appelé… Mais, comment donc vous trouviez-vous dans cet état, et quel est votre nom? »

L'homme eut un sourire affreux et un retrait de tout le corps.

« Je vous raconterai! dit-il. Oui, je vous raconterai! Ah! mon nom? Je m'appelle Caldaguès… Jean Caldaguès… Caldaguès le Français… Je suis bûcheron et je vais au bar de la Fourche. »

XXIII.

Tous les voyageurs l'ont dit : les nouvelles courent vite dans un pays sans télégraphe ; pourtant, ce n'était pas à cause de la découverte des derniers gisements aurifères que Jean Caldaguès avait pris le chemin de la Fourche. Non, c'était pour tailler dans les forêts. La petite colonie des bûcherons canadiens manquait de bras. Caldaguès l'avait appris.