Nous fîmes comme il avait dit. Ce fut long. Ce fut laborieux. A cause de la puanteur qui flottait partout, j'étais pris d'abominables nausées. Van Horst, par instant réprimait un cri et grinçait presque des dents, lorsque son bras lui faisait trop mal. Nous montâmes à l'arbre par une branche basse qui traînait. Après une demi-heure de travail, ce fut fait.

Appuyé contre une fourche moussue, dans le haut de l'arbre, tenant son fusil bien calé entre ses jambes, entouré de feuillage, bercé par le chant des oiseaux et le bourdonnement des abeilles, flatté par les brises et déjà tout près du ciel, Caldaguès avait trouvé le lieu de son dernier repos.

Et je fus l'artisan de cette besogne! Un tel souvenir me paraît insensé!

Nous restions toujours accrochés aux branches. Nous regardions Caldaguès, et, soudain :

« Pardon, pardon! s'écria van Horst, mais… »

Sa voix tremblait, et ce fut presque en bégayant qu'il acheva la phrase…

« Je ne pouvais pas permettre à Annie de te dire adieu. »

Pieusement, oui, pieusement, et d'un geste presque tendre, Vincent van Horst abaissa les paupières de Caldaguès.

« Allons! au revoir, mon ami!… Et toi, petit, je te laisse avec lui, un instant. »

Il descendit de l'arbre.