A ce moment, celui dont le visage rayonnait se souleva un peu et contempla celle aux yeux noyés par l'amour qui, sur la mousse, abandonnait un bras nu de forme si pure, un noble bras auprès duquel il fallait rêver d'étreinte, comme, au spectacle de sa bouche mobile, de baiser, et durant cette contemplation, son esprit fut navré par la détresse la plus noire, stupéfait par une sourde surprise. Il eut froid, une plainte se formait en lui qu'il retenait avec peine… Se pouvait-il?… se pouvait-il?… Son regard se détacha d'elle ; il se détourna, n'osant achever sa pensée, et comme, à quelques pas, il vit une églantine rose qui fleurissait au pied d'un laurier il se murmura sans paroles :

« La fleur est épanouie, le laurier verdoie… Nous seuls… »

Il voulut la revoir. Elle le regardait et, dans ce regard, il reconnut la même expression stupéfaite, la même détresse profonde, enfin les mêmes larmes qui montaient dans ses yeux. De ce qu'il avait découvert de funeste, alors il ne douta plus. Ce trait, ce trait léger au coin des lèvres, cette ride au coin des paupières, cette ombre terne sur la splendide chevelure, cette mollesse si peu apparente dans la chair du noble bras… La marque de l'âge?… Et peut-être en était-il touché pareillement!


« Partons! l'air de cette palmeraie me semble pernicieux ; allons plus loin!

— Tu dis vrai ; allons plus loin!

— Partons tout de suite.

— Retournons sur les célestes bords…

— La terre est dure à ceux qui foulent les nuées. »