— Leur donner des amis.
— On tâche : certains soirs, en les contemplant tour à tour, je crois deviner le lien qui les rapprocherait, puis je me trompe, mon regard se perd, j'oublie, et ce que je voyais d'abord, je ne le reconnais plus.
— Oui, comme toi, j'ai vu quelque chose, un moment… cela ne durait guère.
— Tout de suite, cela s'évanouit.
— Je ne peux les aimer comme je le voudrais : elles ne sont pas assez vivantes.
— Elles demeurent si loin de nous! »
Contre les touffes sèches de la dune, ils entendirent le froissement d'un pas léger. Celui qui tenait sa tête penchée sur ses genoux regarda dans la nuit ; celui qui restait couché se souleva pour écouter mieux, puis il interrogea l'ombre toute voisine :
« Qui donc es-tu? »
Une voix calme répondit :
« Je t'apporte la paix ; je t'offre, en passant, mon salut. Je suis berger, je viens d'un pays lointain ; je me promène sur la terre et, dans la contrée nouvelle où j'arrive, je garde les bêtes, quelque temps. Un jour, je repars : je vais ailleurs.