— Comment as-tu appris ces choses? demanda Samuel.
— En marchant sur la terre, les yeux levés, en écoutant le dire des vieillards pleins de sagesse et des enfants.
— Ecouter le chœur des étoiles, dit Samuel, cela se peut donc?
— Entendre chanter les étoiles! soupirait Jacob.
— Regardez-les tendrement d'abord ; tâchez de les aimer pour leur beauté, pour leur éclat ; vous les aimerez bientôt pour elles-mêmes ; alors elles se dévoileront vraiment. Voyez celles-là, vers le septentrion, ces étoiles-là qui sont au nombre de sept. Tenez vos yeux fixés sur elles… Ne les croyez pas solitaires : elles encadrent un chariot magnifique. Jadis il servit au roi David guerroyant chez les Amalécites, et ce jour encore où l'arche sainte fut transportée à Jérusalem, ses roues étaient toutes fleuries ; des fleurs débordaient de gauche et de droite ; une guirlande se prolongeait dans la brise, par des parfums… Je le vois tel qu'il était alors, ce chariot glorieux! il a trouvé sa place dernière dans les hautes ténèbres de la nuit où son rayonnement nous inspire. — Regardez les sept étoiles dessinant un chariot…
— Jacob! Jacob! je vois le chariot!
— Samuel! je l'admire : son bois est couvert de corolles, comme l'arbre pourpre sans feuillage.
— Ah! les sept étoiles ne sont plus séparées, maintenant! elles brillent ensemble…
— Derrière le chariot, dit encore le voyageur, deux gardes épient la route suivie pour prévoir l'obstacle ou la rencontre hostile. L'un se nomme Mérak et l'autre Dubhé ; ils fouillent l'ombre fidèlement.
— Oui, dressés derrière le chariot, dit Jacob.