— Pour une prière heureuse qui nous atteint, qui nous surprend, est-il besoin de s'éveiller?

— Rien ne change sur le pré d'azur.

— Que faire, sinon dormir ou prétendre dormir?

— Ah! quand reparaîtront les clairs reflets de mes cheveux? quelle vanité de peigner une chevelure mourante!

— J'ai oublié le temps où le ciel et la terre vivaient.

— Où l'eau fraîche coulait de mon urne…

— Où le sang était plus rouge…

— Où mes traits volaient dans le vent, sans but, pour enchanter l'air…

— Où je riais en regardant un croissant de lune aux tons de miel…

— Où les variations aérées du rossignol m'incitaient à pleurer d'amour! »