« Etes-vous blessé? Voulez-vous boire?… »
Le paysan parle très bas.
« Non, je ne suis pas blessé ; je vais me lever… Merci… »
Quel timbre magique ont ces paroles! En elles passe la voix persuasive des brises et la voix héroïque du cuivre frappé ; on croit avoir entendu leur écho dans le chant des vagues et des cascades, jamais sur une bouche humaine.
Timide, le paysan demande encore :
« Vous êtes un messager, je pense?… Tombé de cheval?… ou peut-être des voleurs ont-ils… »
Il se tait, trop ému, ne sachant que dire.
L'homme couché ne répond pas. Le geste paisible de sa main repousse un peu le paysan penché sur lui, puis il se redresse d'un brusque effort et, prenant sous le buisson contre lequel il reposait un magnifique manteau blanc, il le jette rapidement sur ses épaules.
Le paysan recule. Jamais il n'a vu beauté pareille, fût-ce dans ses rêves. Il tombe à genoux.
« Maître! me voici prosterné devant vous. Zacharie est votre serviteur ; Zacharie sera votre esclave.