« Laisse-moi m'approcher de toi, m'incliner devant toi, et daigne agréer mon hommage!
« Je te salue, Seigneur inconnu, roi que je n'ai jamais vu, plus puissant que moi-même!
« Enseigne-moi le chemin qui mènerait vers toi : je veux le suivre! »
Seuls, trois rossignols chantaient… de quelle voix!
Gaspard quêtait l'ombre, les yeux clos. Il les entr'ouvrit, sentant sa main légèrement touchée et vit la lumière d'un rayon se poser en sa paume.
Il se leva, il regarda le ciel et, dans le ciel, il aperçut une étoile, une étoile nouvelle, et cette étoile lui paraissait mouvante, et cette étoile se déplaçait, lui semblait-il, suivant une route sûre, par décision réfléchie…
Alors, sans qu'il sût pourquoi, le roi Gaspard se mit à chanter. Rien, à cet instant précis, n'aurait pu l'empêcher de chanter ; il lui fallait chanter ; il chantait donc.
Et le roi Gaspard s'en fut, marchant vers l'étoile brillante, chantant toujours.
Et la femme qu'il aimait le suivait d'un très doux regard étonné.