— Tu le connais donc ? » répondit-il par allusion sans doute à un reproche au sujet de ses jugements trop hâtifs.
Je me contentais de rire.
Doris était un ouvrier électricien et, aussitôt arrivé, demanda au capitaine de faire le tour des installations à la surveillance desquelles il pouvait s’employer, ce qui lui fut accordé. Nous nous mîmes en route, aujourd’hui, à la pointe de l’aube, mais bientôt, des obus ayant commencé à tomber, Doris dut rester dans notre tranchée ordinaire, en cas d’accident aux lignes.
« Maréchal des logis, me déclara-t-il, je vais m’illustrer dès la première heure ! Un éclat fera sauter l’appareil entre mes mains, je le réparerai en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, vous verrez ça ! et je me serai couvert de gloire !
— Doris, lui répondis-je (c’est bien Doris que tu t’appelles ?), secoue d’abord ta capote couverte de neige… pour la gloire, on verra plus tard.
— C’est mal de m’enlever un bel espoir, margis !
— Doris, dit le lieutenant, vous voyez grand !
— On est toujours comme ça, mon lieutenant, pour ses débuts. Plus tard, on devient modeste. »
Puis, s’adressant à moi :
« Margis, montrez-moi la carte de ce que l’on découvre par le petit trou, là-bas. Ce sera un vrai service que vous me rendrez. Expliquez-moi comment il est bâti, ce pays sur lequel nous tirons et comment on peut s’y reconnaître. »