Jeanne se tait. Jacquot reprend :

« Oh ! Mademoiselle ! il a du chagrin parce que vous lui faites de la peine, je le sais, et il vous aime bien et vous lui faites de la peine, vous lui faites de la peine… »

Il n’en sort pas, de cette phrase.

« Et il pleure, quelquefois, quand il est de garde, vous savez, et qu’il pense à vous, Mademoiselle… »

Il tousse un peu.

« C’est vrai, Mademoiselle ? c’est vrai que vous lui faites des misères ? »

Voilà ! voilà le grand mot lâché !

Jeanne ne répond pas tout de suite. Elle ne sait que dire, vraiment, ni que répondre à ce petit garçon. Elle est trop étonnée.

« Mais… Monsieur ! Asseyez-vous, Monsieur. »

Et, tandis qu’il s’assoit, elle regarde la jeune figure grave. Soudain, elle voit le tableau que M. Jacques Laurenty lui décrivait, elle voit Leduc, montant la garde et pleurant en songeant à elle, et Jeanne aussi a du chagrin. Non ! elle ne se doutait pas qu’elle fût si méchante ! elle a tout à fait honte ! elle demandera pardon ! Ses joues se sont empourprées ; l’aspect du visage de cet enfant, visage tranquille mais douloureux, lui donne des battements de cœur. Oh ! qu’elle voudrait l’embrasser !