Au bûcher des chenilles, Jacquot se souvenait d’avoir aidé à mettre le feu lui-même.

« C’est fait, fous-y seulement un peu de bois mort et de la broussaille ! ça manque pas dans le pays ! »

Bientôt les planches flambèrent, il y eut une épaisse fumée, puis des crépitements, de longues flammes pointues, de sinistres craquements qui donnaient envie de s’en aller, et le feu s’éclaircit enfin. Cela devint tout jaune et rouge avec un peu de fumée dans le haut, que balançait le vent.

Les parties peintes de la guérite grésillaient, mais cela aussi fut court. Enfin le bûcher s’effondra, on vit des braises rouges, et la fumée s’épaissit de nouveau.

« Plus de danger maintenant !

— Attends encore un peu.

— Pas besoin ! »

Mais ils restaient toujours autour du bûcher pour regarder les dernières flammes, et tous les trois, ils avaient l’air très triste.

« Voyons ! pleurez donc pas, Monsieur ! Il est tranquille, votre ami Leduc ! Probable qu’il avait du chagrin, trop de chagrin ! alors comme ça, il a perdu le bon sens ! C’est malheureux, je sais bien, mais faut pas se rendre malade ! Pleurez donc pas ! »

Le bûcher était presque éteint. Les trois soldats partirent.